Jean-Vincent Placé : le passionné de l’Histoire de France et de la légende napoléonienne

Jean-Vincent Placé légende

On ne le sait pas mais Jean-Vincent Placé, Secrétaire d’Etat, connu pour ses talents de négociateur, est également un passionné d’Histoire de France et notamment de Napoléon. Rencontre avec un écologiste pas comme les autres qui connait parfaitement son Michelet

Jean-Vincent Placé – l’histoire de France

En réponse aux questions du journaliste du site Herodote.net, Jean-Pierre Bédéï, le secrétaire d’Etat s’est exprimé sur sa passion pour la langue française, pour la lecture, pour l’Histoire de France, en donnant des exemples concrets de ses connaissances, de Vercingétorix à nos jours, en passant par la Révolution et Napoléon.

« Ma marque de fabrique c’est notre histoire, notre géographie, notre patrimoine, notre gastronomie, notre drapeau. Je suis profondément français » a-t-il souligné. Il aime toute l’Histoire de France et de ses grands hommes mais il a une passion toute particulière pour l’Empereur.

On le sent vibrer quand il raconte anecdote sur anecdote, quand il parle de stratégie militaire, en commençant par Toulon jusqu’à Waterloo en rappelant l’organisation des troupes à Austerlitz. « Je connais toutes les batailles de Bonaparte à l’Empereur ».

Jean-Pierre Bédéï n’a pas tellement apprécié le livre de Lionel Jospin qu’il « considère à charge. Lionel a oublié la partie sur les bienfaits apportés par Napoléon ».

Le livre sur l’Empire

Il se souvient de son premier livre sur l’Empire, de l’académicien Octave Aubry, quand il était petit, livre qu’il a toujours. La période que le secrétaire d’Etat admire beaucoup, ce sont les Cent Jours.

« Le retour de l’ile d’Elbe, c’est juste fabuleux. Il débarque le 1er mars 1815 à Golfe Juan et il n’a que 600 soldats de sa garde impériale avec lui. 20 jours plus tard, à pieds, à pieds et à cheval, il arrive aux Tuileries. Et la légende veut que la veille, sa troupe est très fatiguée, ils sont à Fontaine bleau. Pourtant, il fait accélérer la marche de ses soldats – ils sont désormais plus de 20 000– pour arriver le 20 mars au soir. Pourquoi ? Pour une raison simple, c’était l’anniversaire de son fils ! ».

L’histoire militaire et la stratégie du général suscitent l’intérêt de Jean-Vincent Placé, mais il porte un regard lucide sur les excès, notamment à partir de 1808. « Ce qu’il fait en Espagne n’a pas de sens, la campagne de Russie non plus. A un moment, il eut fallu s’arrêter ». Il est le « continuateur de la Révolution et il va faire la guerre pour placer ses frères sur des trônes… C’est absurde ! » Et puis, il a fait d’autres erreurs. Artilleur, « il n’a pas su développer la marine de guerre, la marine marchande… Vendre la Louisiane n’avait pas d’intérêt. Mais aujourd’hui encore, il y a un livre par jour, un livre par jour ! qui est publié sur l’Empereur ! »

Jean-Vincent Placé – l’investissement budgétaire

Jean-Vincent Placé tire donc un bilan équilibré de la période avec d’un côté l’organisateur, l’avancée sociale par le mérite, le visionnaire, le génie militaire,« la structuration du pays »,une période faste au niveau de l’investissement budgétaire « et un développement économique gigantesque, ce qui a permis de faire passer la pilule de la conscription et des décès » et de l’autre « la folie de la conquête qui l’a emporté {…] avec la guerre, les centaines de milliers de soldats tués, engloutis dans les différentes campagnes ».

Napoléon, « c’est une légende. Il dit quelque chose à l’inconscient français, il dit quelque chose de l’inconscient français ».

« Ces parcours témoignent de l’importance de la culture dans la construction de notre identité.

On ne fait pas un pays en entretenant nos différences mais au contraire en cultivant ce qui nous unit, nos paysages, notre patrimoine, notre langue et bien sûr notre Histoire que nous ne craignons pas de qualifier de « roman national ».

Nous ne sortons pas indemne de cet échange entre Jean-Vincent Placé et Jean-Pierre Bédéï. On se remet même un peu en question. Certains seront étonnés de l’érudition de l’élu vert dont l’image semble avoir malheureusement remplacé l’homme. Combien de personnalités politiques connaissent aussi bien l’Histoire de France que lui ?

Il serait utile, non de comparer au risque de nouvelles désillusions pour nos concitoyens, mais de faire progresser certains sur notre commun, sur ce qui fonde notre Nation. N’est pas homme d’Etat qui veut. Jean-Vincent Placé montre que l’on peut le devenir.